📷 Crédit : Fratello Watches
Le Grand Prix d’Horlogerie de Genève (GPHG) 2025 vient de livrer son verdict. Si le groupe LVMH rafle de nombreux prix, c’est Breguet qui décroche la distinction suprême.
Un palmarès qui confirme certaines tendances fortes dans le secteur. Il réserve aussi une surprise majeure qui a déjà fait réagir les amateurs comme les professionnels.
Pourquoi Breguet vient de signer un retour stratégique fracassant
Le jury du GPHG 2025 a attribué l’« Aiguille d’Or », plus prestigieuse distinction du concours, à une création signée Breguet. Cette récompense couronne non seulement l’excellence technique de la maison, mais aussi un retour remarqué au sommet de l’horlogerie mondiale.
La montre lauréate, dont le nom exact n’a pas encore fuité officiellement, incarne une maîtrise des traditions historiques. Elle exploite également les dernières innovations mécaniques.
Breguet démontre avec cette pièce sa capacité reconnue à fusionner l’élégance classique avec de véritables prouesses contemporaines :
- Mouvement mécanique de haute précision à tourbillon
- Cadran guilloché à la main, emblématique du style maison
Ce trophée 2025 pourrait bien repositionner la marque dans l’esprit de nombreux collectionneurs. L’obtention de l’« Aiguille d’Or » est en effet ce qui se rapproche le plus d’une consécration universelle dans l’univers horloger de prestige.
Comment LVMH a quadrillé presque toutes les catégories du GPHG
Sur le plan des récompenses multiples, un nom domine largement l’affiche de cette édition 2025 : le groupe LVMH. Avec ses marques incontournables comme Zenith, Hublot et TAG Heuer, le conglomérat de Bernard Arnault n’a laissé que peu de place à la concurrence.
Chaque division du groupe semble avoir été stratégiquement orientée vers une catégorie spécialisée. Et ce, avec un succès difficilement contestable.
Parmi les faits marquants :
- Zenith s’est illustrée pour son innovation horlogère
- Hublot a remporté un prix dans la catégorie design audacieux
- TAG Heuer a séduit un jury exigeant dans la catégorie sport
Cette domination confirme que LVMH ne se contente plus de jouer les seconds rôles aux GPHG. Sa montée en puissance, amorcée depuis plusieurs années, trouve en 2025 une reconnaissance institutionnelle quasi totale.
L’influence croissante de LVMH sur les tendances techniques et esthétiques est désormais actée. Une dynamique qui risque de rebattre les cartes pour les prochaines éditions.
Entre prestige et frustration : une soirée aussi applaudie que critiquée
Comme souvent, les résultats du GPHG n’ont pas fait l’unanimité. Si la victoire de Breguet a été saluée par beaucoup comme un retour aux valeurs fondamentales de la haute horlogerie, d’autres auraient souhaité un podium plus disruptif.
Certaines critiques concernent également le rôle de plus en plus central joué par les grands groupes dans la cérémonie. La présence forte de LVMH fait naître des interrogations sur la représentativité des indépendants.
Ils sont souvent relégués aux marges du palmarès malgré des innovations saluées par les collectionneurs.
Quelques marques indépendantes ont néanmoins brillé :
- Ferdinand Berthoud dans la catégorie « Horlogerie mécanique exceptionnelle »
- Ressence avec son approche minimaliste et intuitive du cadran
- Kudoke, saluée pour son travail artisanal hyper pointu
Mais à l’inverse, on note l’absence remarquée de noms comme Nomos Glashütte. Ou de Grand Seiko, qui ont pourtant livré des pièces fortes ces derniers mois.
Une victoire qui pourrait influer sur les ventes mondiales de 2025
Derrière l’aspect événementiel du GPHG se joue aussi une bataille économique. La montre qui remporte l’« Aiguille d’Or » voit souvent sa cote bondir dans les mois qui suivent.
Certains revendeurs l’affirment ouvertement : une montre primée au GPHG gagne de 20 à 40 % de valeur perçue. Et ce, auprès de leurs clients les plus fortunés ou engagés.
Dans ce contexte, la victoire de Breguet pourrait marquer un tournant. Après quelques années plus discrètes, la maison pourrait retrouver une visibilité premium sur les marchés internationaux.
En particulier auprès de la clientèle asiatique, ultra-sensible aux distinctions officielles. À l’inverse, la stratégie multi-marques de LVMH se renforce chaque année davantage.
Obtenir un prix par segment revient à quadriller le marché sur tous les angles de communication.
Cette montée en gamme permet de soutenir des sorties produits positionnées à plus de 100 000 CHF (soit environ 104 000 euros). Tout en offrant des modèles d’appel à 5 000 CHF (soit environ 5 200 euros).
Le tout avec un storytelling irréprochable.
Ce mix marketing performant fait de LVMH un acteur auquel même les plus anciennes maisons doivent désormais s’adapter. Pour en savoir plus sur la collection qui a remporté la plus haute récompense, il est possible de consulter directement la page officielle de Breguet.
Le GPHG doit-il évoluer pour rester en phase avec son époque ?
Face aux critiques persistantes, certains observateurs suggèrent qu’un remaniement du fonctionnement du jury pourrait être envisagé. Le système de sélection pourrait aussi être revu dès les éditions futures.
Trop peu représentées, des catégories comme la montre connectée, l’horlogerie écoresponsable ou les montres féminines restent souvent mal traitées.
Le GPHG 2025 a certes introduit quelques nouveautés dans la scénographie. Mais aucune rupture véritable n’a été observée dans l’approche d’évaluation globale.
Avec l’arrivée progressive de nouveaux profils de collectionneurs — plus jeunes, plus connectés, et plus sensibles aux valeurs durables — l’organisation pourrait avoir à revoir sa copie.
Quoi qu’il en soit, la cérémonie 2025 montre à quel point la reconnaissance institutionnelle reste un levier puissant. Dans un univers dominé par le prestige et la narration.
Que ce soit Breguet ou LVMH, les grands gagnants savent désormais comment faire de chaque trophée un catalyseur de croissance sur le marché mondial.